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U.S. propose $15 millions de dollars d'informations Conti

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Face aux gangs de cybercriminels, dont les activités s'étendent dorénavant au monde entier, le gouvernement américain commence à appliquer de façon beaucoup plus agressive un certain nombre des tactiques utilisées à l'origine pour faire tomber les familles du crime organisé. Les États-Unis offrent une récompense cumulée de 15 millions de dollars en échange d'informations sur le groupe d'attaque par ransomware Conti, basé en Russie. Plus spécifiquement, 10 millions de dollars sont prévus pour l'identification ou la localisation des dirigeants du groupe, et 5 millions de dollars pour toute information permettant d'aboutir à l'arrestation de toute personne dont les activités sont liées à ce groupe.

Le FBI estime que plus de 1 000 victimes du groupe Conti ont versé au total plus de 150 millions de dollars à la suite d'attaques par ransomware. Le groupe est également soupçonné d'avoir ciblé 16 réseaux médicaux et de premiers secours aux États-Unis et d'avoir attaqué les plateformes fiscales et douanières utilisées par le gouvernement du Costa Rica.

Influence géopolitique

L'attention portée à Conti est, bien sûr, directement liée aux événements en Ukraine. Le groupe a en effet affirmé qu'il lancerait des attaques contre toute entité qui déciderait d'aider l'Ukraine à se défendre contre l'invasion russe. À certains égards, cette invasion a permis aux responsables des unités de lutte contre la cybercriminalité d'agir avec moins de retenue car, au vu de la situation actuelle, ils craignent moins de causer un incident diplomatique si d'aventure le gouvernement américain venait à arrêter un membre du groupe Conti de nationalité russe. Bien entendu, une telle arrestation devrait avoir lieu dans un pays ayant conclu un traité d'extradition avec les États-Unis.

Les États-Unis appliquent en fait une tactique éprouvée consistant à récompenser les personnes qui fournissent des informations sur les activités des organisations criminelles. La loyauté entre malfaiteurs a ses limites lorsque des millions de dollars sont proposés en échange d'informations dont les autorités ont besoin. S'il est possible qu'ils risquent leur vie en fournissant ces informations, la tentation de gagner de l'argent au détriment d'un rival est souvent trop forte pour être ignorée.

Bien sûr, il est possible qu'aucune de ces informations ne conduise à des arrestations, mais elles sont susceptibles d'aider les autorités à déjouer les opérations des organisations cybercriminelles. Grâce aux informations fournies par les informateurs, il devient plus facile, par exemple, de retrouver les biens illégalement acquis, partout dans le monde. Les experts en sciences forensiques recherchent actuellement les avoirs financiers d'un large éventail de personnes soupçonnées d'avoir aidé et encouragé les cybercriminels.

Comment les cybercriminels pourraient riposter

Le problème, bien sûr, est que ces tactiques ne sont pas seulement employées par des gens bien intentionnés. Depuis l'apparition du droit dans les sociétés humaines, les criminels soudoient les agents de la force publique pour qu'ils détournent les yeux. Ils ne se privent pas non plus de collecter des informations embarrassantes qu'ils utilisent ensuite pour exercer un chantage sur leurs cibles, y compris des professionnels de l'informatique et de la sécurité. Du point de vue du criminel, c'est de bonne guerre.

Dans les mois et les années à venir, la cybersécurité deviendra un véritable jeu de dupes entre espions. La différence est qu'au lieu de se contenter d'infiltrer les environnements informatiques au moyen de programmations à distance, il y a de fortes chances que les cybercriminels redoublent d'efforts pour recruter une personne ayant un accès direct à des données sensibles qui coûtent beaucoup plus cher que le risque potentiel de se faire prendre.

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