Ce que la série The Pitt nous enseigne sur les défis de la cybersécurité en milieu hospitalier
Ce qu’il faut retenir
- Diffusée sur HBO, la dernière saison de la série médicale The Pitt aborde les défis auxquels les hôpitaux sont confrontés lors d’une attaque par ransomware.
- Même les hôpitaux qui ne sont pas directement infectés par un ransomware, comme l’hôpital fictif de la série The Pitt, peuvent arrêter leurs réseaux par mesure de précaution en réponse aux menaces de ransomware.
- De nombreux hôpitaux s’appuient sur une infrastructure de bureau virtuel (VDI), de sorte que l’arrêt du réseau peut mettre hors service la plupart de leurs ordinateurs.
- Passer aux dossiers au format papier lors d’une cyberattaque peut considérablement perturber les activités et augmenter les risques pour la santé des patients, comme en témoignent des incidents réels.
Comme tout le monde, chez Barracuda, on aime les bonnes séries TV, et The Pitt figure parmi nos préférées. Cette série médicale réaliste et optimiste qui suit le quotidien d’un hôpital fictif, le Pittsburg Trauma Medical Center (surnommé The Pitt), a fait l’objet de nombreuses conversations à la machine à café. Et ces dernières s’intensifient à mesure que l’intrigue de cette saison se précise : une attaque par ransomware qui affecte plusieurs hôpitaux voisins, incitant le service des urgences à fermer son réseau à titre préventif.
Obliger des médecins formés à la tenue de dossiers numériques à utiliser un stylo, du papier et des copies carbone donne lieu à une histoire captivante. Mais, pour les experts en cybersécurité, la trame de cette saison est-elle fidèle à la réalité ? Si les intrigues médicales sont particulièrement saisissantes (comment oublier cette pauvre femme atteinte de fasciite nécrosante), la réalité de la sécurité informatique a-t-elle été édulcorée pour une consommation grand public ?
Les attaques par ransomware se déroulent-elles vraiment comme ça ?
Récapitulons : The Pitt n’a pas été infecté par un ransomware. Seuls les hôpitaux voisins ont été victimes de cette attaque. Malgré cela, notre hôpital vedette décide de mettre son réseau interne hors service par mesure de précaution, désactivant ainsi toutes les connexions filaires et sans fil entre les systèmes. Mais est-ce vraiment la meilleure approche ?
Les hôpitaux sont particulièrement vulnérables face aux ransomwares. En réalité, juste au moment où le premier épisode de l’intrigue du ransomware était diffusé, l’UMMC (University of Mississippi Medical Center) a été contraint de fermer les réseaux de ses 35 cliniques. Comme dans The Pitt, le système médical a désactivé tous ses ordinateurs, y compris dans les hôpitaux qui n’étaient pas infectés.
Si un système hospitalier est confronté à la possibilité d’une attaque (même si celle-ci ne se manifeste pas pour l’instant), la première mesure à prendre est de désactiver l’accès à l’Internet public. Cela permet de neutraliser n’importe quelle attaque au niveau de son infrastructure de commande et de contrôle. L’étape suivante consiste à désactiver le réseau Wi-Fi pour empêcher les menaces internes ou les terminaux compromis d’agir de façon autonome. Jusque-là, tout cela est conforme à la réalité.
Quel est l’impact des arrêts dus aux ransomwares sur les médecins ?
Un détail paraissait toutefois peu crédible au premier abord : le fait que la coupure du réseau entraîne l’arrêt complet des ordinateurs de l’hôpital. Or, étonnamment, il s’avère que les hôpitaux ont investi massivement dans une infrastructure de bureaux virtuels (VDI). Dès 2014, 65 % des hôpitaux prévoyaient de mettre en œuvre cette technologie. Les utilisateurs ont cité le faible coût, la facilité d’utilisation et l’absence d’obsolescence par rapport aux terminaux traditionnels.
Étant donné que le stockage, la puissance de calcul et la mémoire des clients légers sont fournis par un serveur dans le cloud public (ou privé), la coupure d’Internet entraîne de facto l’arrêt des ordinateurs dans la série. Mais ce n’est pas la seule conséquence. Globalement, l’arrêt des ordinateurs de l’hôpital provoque un véritable chaos, compliquant le travail des médecins lorsqu’il s’agit d’établir des diagnostics, de transmettre leurs conclusions ou d’administrer les médicaments.
Dans la réalité, le fait de devoir passer soudainement au format papier augmente également les risques pour la santé des patients. Pas plus tard qu’en juin 2025, une attaque par ransomware au Royaume-Uni a augmenté les délais d’attente pour les analyses sanguines urgentes, entraînant directement le décès d’un patient. En 2023, la publication STAT News a établi le calcul suivant :
« En temps normal, environ trois patients hospitalisés sur cent décèdent à l’hôpital. Lors d’une attaque par ransomware, ce chiffre passe à quatre patients sur cent. De 2016 à 2021, nous estimons que les attaques par ransomware provoqué la mort de 42 à 67 patients Medicare. »
Cette saison de The Pitt n’est pas encore terminée, et si aucun de ses patients ne meurt à cause d’un ransomware, les scénaristes nous auront épargné une intrigue des plus déprimantes.
Dans quelle mesure la série The Pitt se trompe-t-elle au sujet des ransomwares ?
L’un des procédés narratifs de The Pitt est que l’action se déroule en temps réel, chaque épisode de la série correspondant à une heure de garde à l’hôpital. Cela permet aux téléspectateurs de saisir le rythme éprouvant de la médecine d’urgence tout en suivant leurs personnages préférés, qui sont littéralement éreintés par des gardes de 15 heures.
Comme le public préfère généralement un bon happy end, il est probable que cette saison se termine par un soupir de soulagement des acteurs lors de la remise en service des ordinateurs. Mais dans la réalité, les interruptions de service dues aux ransomwares peuvent durer des semaines. Entre 2017 et 2025, les hôpitaux touchés par un ransomware ont subi en moyenne 17 jours d’interruption . Cela équivaut à une perte de 1,9 million de dollars de revenus par jour.
Bien que l’hôpital de la série The Pitt ne soit pas directement touché par un ransomware (du moins à notre connaissance), confirmer cette absence d’infection prendrait énormément de temps. Pour cela, il faudrait prendre des clichés de l’infrastructure de l’hôpital et les comparer à des backups fiables : si une application est présente sur les instantanés mais pas sur les backups, on peut supposer qu’elle est malveillante.
Parce qu’il est très difficile de confirmer l’absence d’infection (et parce que les ransomwares excellent dans l’art de la dissimulation), faire preuve de diligence raisonnable peut prendre des heures, voire des jours. Mais The Pitt reste une fiction, et on peut donc s’attendre à ce que l’interruption ne dure que le temps nécessaire aux besoins de la série.
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On adore The Pitt, et on espère que la série durera longtemps (on veut six saisons, et même un film !). Mais quand le danger informatique est bien réel, notre but est de le couper au montage avant sa diffusion. Nos solutions contre les ransomwares ont été développées pour intercepter les e-mails de phishing, protéger l’accès aux applications et préserver vos données. Inscrivez-vous pour une consultation gratuite et découvrez comment notre expertise peut protéger votre entreprise contre les ransomwares.
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